Une lettre de relance s'envoie dès le premier jour de retard. Elle n'obéit à aucun formalisme légal : un email suffit. Son rôle est de rappeler l'échéance dépassée et de rouvrir le dialogue, pas de menacer. Le modèle ci-dessous est directement utilisable.
Quand envoyer la première relance
Le jour suivant la date d'échéance. Il n'y a aucune raison d'attendre : en B2B, les délais de paiement sont plafonnés par l'article L441-10 du Code de commerce à 60 jours à compter de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. Passé ce terme, la créance est exigible et le retard constitué.
Dans la majorité des cas, un impayé à ce stade n'est pas un refus de payer : c'est un oubli, une facture égarée, un circuit de validation interne bloqué ou un changement d'interlocuteur. La première relance sert précisément à lever ces blocages avant qu'ils ne s'installent.
Le modèle
Objet : Facture n° [NUMÉRO] — échéance dépassée
Madame, Monsieur,
Sauf erreur de notre part, la facture n° [NUMÉRO] du [DATE D'ÉMISSION], d'un montant de [MONTANT] € TTC, arrivée à échéance le [DATE D'ÉCHÉANCE], demeure impayée à ce jour.
Il s'agit vraisemblablement d'un oubli. Nous vous serions reconnaissants de procéder au règlement dans les meilleurs délais, par virement sur le compte dont les coordonnées figurent sur la facture, dont copie est jointe au présent message.
Si ce règlement a été effectué entre-temps, merci de ne pas tenir compte de ce message et de nous transmettre la référence du paiement.
Si un point de la facture appelle une précision de notre part, n'hésitez pas à nous contacter directement, nous y répondrons sans délai.
Nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.
[NOM]
[FONCTION] — [SOCIÉTÉ]
[TÉLÉPHONE] — [EMAIL]
Ce qu'il faut y mettre, et ce qu'il faut éviter
À inclure systématiquement : le numéro et la date de la facture, son montant TTC, la date d'échéance dépassée, la copie de la facture en pièce jointe, les coordonnées bancaires, et un canal de contact direct.
À éviter à ce stade : toute mention de pénalités, de mise en demeure, de contentieux ou de société de recouvrement. Ces éléments ont leur place dans les relances suivantes. Employés trop tôt, ils dégradent la relation commerciale pour un simple oubli administratif — et vous n'aurez plus de marge d'escalade.
Quel canal choisir
L'email suffit et présente deux avantages : il est instantané et il laisse une trace horodatée. Le courrier simple est plus lent sans être plus contraignant juridiquement. Le recommandé avec accusé de réception est disproportionné à ce stade et signale une défiance qui n'est pas encore justifiée : gardez-le pour la mise en demeure.
L'appel téléphonique, doublé d'un email de confirmation, reste le plus efficace. Il permet d'identifier immédiatement la cause réelle du retard, ce qu'un écrit ne fait jamais.
Et si la relance reste sans réponse
Comptez sept à dix jours ouvrés, puis passez à la deuxième relance, qui introduit les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Ne laissez pas la créance vieillir : le taux de recouvrement se dégrade avec l'ancienneté, et les délais de prescription courent — cinq ans entre professionnels au titre de l'article L110-4 du Code de commerce, deux ans seulement pour une créance détenue sur un consommateur au titre de l'article L218-2 du Code de la consommation.
Questions fréquentes
Une lettre de relance a-t-elle une valeur juridique ?
Elle n'a pas d'effet juridique propre : elle n'interrompt pas la prescription et ne fait pas courir les intérêts moratoires. Seule la mise en demeure produit ce dernier effet, en application de l'article 1344-1 du Code civil. La relance constitue en revanche une preuve de diligence, utile si le dossier devait passer en phase judiciaire.
Combien de relances faut-il envoyer avant la mise en demeure ?
Deux à trois, espacées de sept à dix jours ouvrés. Au-delà, les relances perdent tout effet : le débiteur intègre qu'il ne se passera rien. Mieux vaut trois relances en un mois suivies d'une mise en demeure que huit relances sur six mois.
Peut-on relancer par SMS ?
Rien ne l'interdit et le taux de lecture est élevé. Le SMS convient bien à un rappel court doublant un email. Il ne remplace pas l'écrit détaillé, qui seul permet de joindre la facture et d'établir une trace exploitable.
Faut-il relancer un client en procédure collective ?
Non. Dès l'ouverture d'une procédure collective, les poursuites individuelles sont suspendues. La démarche à engager est la déclaration de créance auprès du mandataire judiciaire, dans le délai imparti à compter de la publication au BODACC.
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